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Avenir incertain dont le pire je fuis

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Avenir incertain

Les habitants originaires d’un pays ont-ils des aspirations vis-à-vis de celui-ci ? Ou ne devraient-ils pas en avoir du tout ? Le sentiment qui vient lorsque nous observons les peuples s’exprimer et envisager le type de vie qu’ils souhaitent pour leur épanouissement, c’est le sentiment de perplexité. Une perplexité qui se justifie devant une sorte d’incompréhension qui pousse à penser. Cette incompréhension vient du constat que les peuples sont malmenés parce qu’ils veulent vivre la vie de leur choix.  Cet étonnement est d’autant plus grand qu’ils le sont par les personnes qui sont censés les représenter et les conduire vers l’épanouissement. Les peuples ont désormais pour ennemi leur propre chef d’Etat qui n’a plus qu’un seul programme de gouvernance : le maintien au pouvoir et ce par tous les moyens y compris les plus inhumains. Lorsque nous nous intéressons à l’actualité du Gabon de ces dernières années, nous sommes habités de la même perplexité. Au point où nous en arrivons à rapprocher le gouvernement gabonais de la mécanique quantique. Si nous pensons l’avoir compris c’est que nous ne l’avons pas compris.  Il y a cette impression que le peuple gabonais et le gouvernement gabonais sont deux droites parallèles. Le gouvernement gabonais donnant l’impression d’être sourd aux desiderata de son peuple  comme s’il n’existait que pour lui-même. Et pourtant en chacun sourd une image du Gabon, un Gabon tel que nous le voulons. Les textes qui suivent sont une réflexion inspirée par l’actualité du Gabon de ces dernières années. Ils montrent le Gabon que nous ne voulons pas et laissent entrevoir la possibilité d’un Gabon autre, meilleur, soucieux de la dignité humaine et de l’épanouissement de tous. Ils poussent au questionnement et posent : que voulons-nous faire du Gabon et pourquoi sommes-nous ensemble dans ce Gabon là ? Les textes qui suivent ont pour vocation d’enflammer les cerveaux, de transmettre à chacun la réflexion sur ce que nous voulons faire ensemble de notre pays : le détruire ou le construire. Le Gabon que nous voulons réalise pleinement la restauration de la dignité humaine et la félicité de tous. Ce Gabon existe. C’est celui que nous voulons. Parce que l’avenir est incertain et que le pire menace, ces lignes disposent les cœurs à l’évitement du désastre.

  1. Un président de la République n’est qu’un homme sujet du peuple à qui ce dernier a doté de beaucoup de pouvoir afin de le conduire avec autorité dans le strict respect de ses droits et de ses libertés. Mais surtout pour le rendre heureux. Il n’est pas dit qu’un homme seul est président seul, tout le temps et pour toujours que ce soit à travers lui-même ou à travers ses avatars familiaux.

  2. En bloquant l’alternance politique au sommet, en vidant la cohabitation de sa substance, en régulant les litiges politiques en faveur de la configuration exécutive actuelle et en assurant les conditions de sa défense par une loyauté religieuse, le projet de révision constitutionnelle suscite plus d’inquiétudes qu’il ne rassure.

  3. La promotion des valeurs et des valeurs démocratiques amènera certainement l’équilibre et la paix sociale. Ce qui correspond à une identité de la légalité et de la légitimité. Passer de la résistance entre légalité et légitimité et parvenir à la correspondance du vote et de l’élu, à l’adéquation de la légalité et de la légitimité.

  4. Jusqu’où peut-on faire confiance en la Cour constitutionnelle ? Ne fait-elle pas acte de trahison de la constitution ?

  5. A quoi peut servir à un Etat de tuer son peuple alors que sa raison d’être est de le protéger et de créer l’épanouissement de tous selon la logique du contrat social c’est-à-dire du consentement de tous à vivre ensemble sous le régime du droit ?

  6. L’ignorance, la pauvreté, la concentration du pouvoir sont à quelques niveaux les causes dont les effets sont les crimes rituels. Toutefois, ces pratiques resteront inintelligibles si l’on ne prend pas en compte la dimension culturelle de l’affaire. Les crimes rituels sont un fait culturel.

  7. Lorsqu’on regarde les solutions qu’apportent les autorités gabonaises au problème, on voit que l’on évolue vers le tout coercitif ou le tout répressif sans chercher à comprendre le problème en profondeur pour le régler en profondeur.

  8. Le problème de la délinquance juvénile est accepté ici comme une crise existentielle généralisée née des nombreuses crises que connaît le Gabon en tête desquelles la crise post-électorale d’août 2016.

  9. Au même titre que la défense militaire, la défense civile est un instrument de dissuasion et la marque de la cohésion d’un pays. Qu’en est-il lorsque l’armée a pour ennemi désigné le peuple dont elle sert de rempart ? Il paraît déraisonnable de risquer la disparition d’un  peuple juste pour soutenir, nourrir et entretenir les caprices d’un homme ou d’une famille. Soit l’on parvient à un équilibre des forces, soit l’on accède à la pleine conscience qu’un peuple pour être fort se doit d’être solidaire, qu’une armée pour être forte se doit d’être compacte avec son peuple. Une armée non solidaire à son peuple est bien suicidaire.  C’est pourquoi il faut penser plus que jamais l’harmonie du groupe et ne pas hésiter d’user des prérogatives militaires pour préserver l’ordre et favoriser le bien-être du groupe. Cela passe par le refus d’obéir à des ordres injustes notamment ceux-là qui demandent aux héros de la nation de se porter en bourreaux du peuple.

  10. On ne peut contenir longtemps le déferlement, la libéralisation de la violence qui ne manquera pas d’être effective dans sa radicalité si l’on use pas de responsabilité. On risque d’entrer dans une configuration des choses où tout devient possible du point de vue bestial. Or l’on peut éviter cette bestialité. Personne n’a intérêt à favoriser des situations qui poussent à la guerre qui pourra s’ensuivre tôt où tard si la raison et l’intérêt commun ne prévalent pas sur les égocentrismes.

  11. Cela ne sert à rien de tuer à chaque élection présidentielle le peuple, de demander par la suite un dialogue qui aboutira à une modification constitutionnelle visant à renforcer les pouvoirs de la cause du mal. La résolution du conflit consistera à laisser se jouer le jeu démocratique et à permettre à tous de vivre dans le type de société qu’ils auront choisi avec les leaders qu’ils engagent à porter la destinée commune.

  12. En l’absence de neutralité de ses institutions face au problème de l’injustice, le peuple n’a d’autre choix que de se défendre et de déployer une défense civile.

  13. Plus l’oppression se fera criarde, plus le peuple réagira par une opposition obstinée de non-collaboration, plus les coûts de l’oppression en matière idéologique, politique, diplomatique, sociale et économique seront élevés. L’on s’attend à ce que l’oppresseur face preuve de rationalité et aie la grandeur de s’effacer pour le bien de tous. Sinon, que l’armée prenne pour cause la raison du peuple.

  14. La résistance intérieure augmente lorsque les populations sont conscientes que personne ne viendra à leur secours et que seuls leur détermination, leur inflexibilité ou encore leur instinct de survie viendront à bout de la déshumanisation.

  15. La montée en puissance de la résistance civile se fait par à-coups. Elle alterne avec de longues phases de passivité et de résignation populaire. Et se relance à la faveur d’un élément déclencheur imprévisible, non déterminé. Mais elle est cependant le fruit d’une longue maturation.

  16. Au cœur de la maturation de la volonté de résistance, il y a le changement des mentalités et surtout le changement dans la manière de lutter. Ce changement implique de refuser le plus possible de collaborer avec le système et pratiquer la désobéissance civile.

  17. Le régime qui opprime ne perdure que grâce à la collaboration active du peuple. La rupture de cette collaboration précipite le système. Ici, l’opposition morale, artistique et littéraire est d’une grande importance. Car elle contribue à l’éducation des masses. Elle est ce qu’on appelle l’opposition symbolique et souterraine.

  18. Comme les abeilles dont la finalité est de produire le miel et de l’épargner, l’identité ici est la raison d’être du peuple gabonais ou ce qui fonde et oriente le pourquoi être Gabonais. Résumons le au slogan : Gabon d’abord. L’intérêt du Gabon d’abord.

  19. Dans cette réaction qui engage le peuple gabonais, les écrivains ont à s’engager d’intelligence dans un front dit littéraire : le front littéraire.

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