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La mort de Guykafi (résumé)

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Nyonda et Lamby (2)

Maroundou sert à boire au guerrier Guykafi. Elle le regarde puis baisse les yeux. Guykafi comprend qu’elle veut s’offrir à lui comme femme. Il demande sa main à Ngoué-Passa, la mère de Maroundou. Cette dernière s’oppose à sa demande. Guykafi enlève Maroundou la nuit et l’emmène dans son village. Ngoué-Passa charge le guerrier Mokodi d’aller reprendre Maroundou.

Guykafi part pour la guerre contre Mokodi. Cinquante jours passent. Maroundou  a besoin de tendresse. Mombi, un étranger arrive dans le village. Il offre des bijoux à Maroundou en échange d’adultère. Celle-ci propose qu’il la retrouve discrètement la nuit. Cachée entre les cases, Mboumba, la sœur de Guykafi observe la scène. Elle révèle à Maroundou qu’elle est au courant de tout. Maroundou lui fait savoir que qui mieux qu’une femme peut comprendre une femme. Maroundou sollicite la médiation de Mboumba. Que celle-ci ne rapporte rien à son frère.

Guykafi revient avec ses guerriers au village. Mokobi a été écrasé. Mboumba dit à Guykafi que Maroundou sa femme n’a pas gardé les interdits et les coutumes. En réaction aux hurlements que pousse son frère, Mboumba se précipite d’aller au loin. Désemparée, Maroundou explique à son époux que la passion est aveugle, qu’elle a eu un moment de faiblesse mais qu’elle lui appartient toute entière. Guykafi explique à Maroundou que le déshonneur causé ne peut se laver que dans le sang. Seule la mort peut effacer une telle offense. Maroundou propose à Guykafi de s’en prendre à Mombi. S’il ne l’avait pas tentée, elle serait restée fidèle. Guykafi rétorque que si elle ne l’avait pas voulu, elle ne lui aurait pas ouvert la porte. Le poignard de Guykafi répare l’honneur. Maroundou tombe lentement le long du mur de la case.

L’Ancien arrive.  Il reproche à Guykafi son geste. Si guerrier soit-il, tout ne lui est pas permis. Le comportement d’un homme doit tenir compte des conséquences familiales dans le présent comme dans l’avenir. Qu’il ne faut pas écouter son amour propre, l’orgueil personnel. Il y a des circonstances où il ne faut pas toujours suivre la coutume. Mais changer en fonction de la sagesse et de l’expérience de la vie.

Guykafi s’en prend à Mboumba. Il lui dit que ce qui est rapporté provoque un choc irrésistible, qu’il ne faut pas se mêler des conflits de ménages car ceux-ci s’arrangent toujours, dans la plupart des cas. N’a-t-elle jamais trompé son mari ? C’est bien de rapporter certaines choses, mais il faut en mesurer les conséquences. Mboumba va dans la forêt et se pend.

De son côté, Ngoué-Passa regrette d’avoir refusé initialement la main de sa fille au guerrier Guykafi pour assouvir une vengeance ancestrale.  Elle regrette d’avoir voulu perpétuer sur les enfants, la colère des parents ou la rivalité de clans. Son acceptation initiale aurait prévenu toutes les morts consécutives. Le bonheur entaché de sang est précaire. Ngoué-Passa apprend la mort de sa fille à l’issue de la guerre dont elle était l’enjeu. Pourquoi Maroundou n’a-t-elle pas respecté les coutumes ?

Ngueba, le frère de Maroundou décide d’aller laver l’affront, de venger sa sœur. La tribu de Guykafi est une tribu d’assassins que l’on doit exterminer. Ngoué-Passa s’oppose. Elle ne veut pas que ses fils soient exterminés par Guykafi et ses guerriers.  Guyedi, le second frère de Maroundou dit à sa mère qu’elle les a fait hommes. Lui et Ngueba n’ont pas besoin d’être grands guerriers pour défendre l’honneur du clan et de la famille. La coutume l’exige. Plutôt mourir les armes à la main, que de rester lâches.

Ngoué-Passa s’oppose vivement à l’entêtement de ses fils. Elle dévoile qu’elle a maudit sa fille pour être partie contre son gré en mariage avec Guykafi. En choc en retour, cette malédiction apporte morts sur morts dans sa famille. En conséquence, ce qui se passe doit-être un enseignement pour tous. “Maroundou croyait peut-être que vivre au milieu des fastes et des responsabilités rendait plus heureux, et apportait davantage bonheur; alors que ces grands hommes, ces chefs, sont souvent obligés de délaisser leurs devoirs familiaux et le bonheur des leurs pour ne se préoccuper que des devoirs de leurs charges ! Ceux qui les envient ne voient dans le pouvoir que les honneurs et les avantages, sans en avoir toutes les servitudes, toutes les responsabilités, tous les dangers qui suivent leurs pas ”.

Ngoué-Passa propose l’unité  contre la guerre perpétuelle entre clans. Guyedi promet à sa mère d’essayer de comprendre le sens de ses paroles une fois sa sœur  Maroundou vengée. Parlant au nom de la fratrie, il allègue que  : “nous ne pouvons renier nos traditions. Elles ont été faites, édictées par des générations de sages, et nous ne pouvons faillir sans nous perdre dans l’esprit de ceux qui viendront après nous, et sans démériter aux yeux de ceux qui nous ont légué en héritage le respect et la garde de la tradition”. Ngoué-Passa non consentante mais compréhensive tranche : “Fous que vous êtes ! Vous êtes cependant mes fils, et avant votre départ pour cette funeste entreprise, je vous bénis”. “Au nom de vos ancêtres morts pour des causes futiles, cherchez l’accord, l’entente, la concorde entre les hommes”. Telle est la force.

Guyedi et Ngueba s’en vont à la guerre afin de renverser le monstre qui a tant semé la terreur dans le pays. La douleur emporte Ngoué-Passa. Ngueba, le petit des frères déclenche le combat historique en défiant au corps à corps le redoutable et invincible guerrier Guykafi, le plus fort des forts, lâche de s’être attaqué à une femme sans défense. Pour Ngueba le courage peut abattre la force. Guykafi demande à ce dernier de faire demi-tour avant qu’il ne soit trop tard pour lui. Qu’il profite de sa clémence. Ngueba engage le combat. Guykafi le nargue par des jurons. Puis lui donne un coup dans les reins. Ngueba tombe mort. Guykafi souhaite décapiter son adversaire.

Guyedi surgit de derrière un arbre. Il attrape Guykafi par les pieds à l’aide d’un crochet, exécutant ainsi leur stratégie d’attaque : “Guykafi est pour ainsi dire invulnérable; il nous faut l’attaquer bien ensemble, et cette attaque doit s’opérer ainsi : toi, jeune et prompt, tu feras tout pour l’atteindre par le cou; quant à moi, avec cette arme [...], je tenterai de le renverser par les pieds. Une fois à terre, il faut sans attendre lui passer l’épée à la gorge”. Guyedi fait tomber à terre Guykafi. Guyedi coupe le cou de Guykafi. Vois, dit-il, ou conduit l’orgueil et la défense de mauvaises causes.

Guyedi seul debout devant les corps de son frère et de Guykafi se demande : “A quoi bon toutes ces tueries ?”.  Guyedi comprend désormais les paroles de sa mère : “L’ambition, la vengeance, ne sont que douleurs et chagrins, et où elles fleurissent, il n’y a plus que mort et amertume !”. Pris de remords face à son amère victoire, Guyedi projette de se donner la mort. Il tire son poignard. Il lève le bras pour se frapper.

Intervient Badi. Il conseille Guyedi d’épargner sa vie : “Guyedi ! Epargne ta vie. Sois plutôt le messager de l’enseignement de Ngoué-Passa : à savoir qu’il faut bannir la vengeance et faire régner la paix et la concorde entre les hommes et entre les tribus ».

Tout ce qui se prend par la force n’entraîne que malheurs.

 fichier pdf Lamby Jean Thomas (1)

 

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