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L’homme dual

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La nouvelle de Zephirin Ango Ndong. La nouvelle de Pulchérie Abeme Nkogue.

L’union des écrivains gabonais a réuni des écrivains autour d’un projet d’écriture sur ce que le chien a vu à Nzeng-Ayong. Cela a donné pour résultat un recueil de nouvelles paru sous la direction d’Omer Ntougou récemment.

Le recueil de nouvelles se déploie sur une perspective sémantique, celle-là de savoir la vision de l’ami de l’homme à Nzeng. Chaque nouvelle aboutit à une tentative de définition de la vision canine.

Dans la nouvelle « Le bon grand et ses petits » de Zephirin Ango Ndong, cette vision entraperçoit le caractère dual de l’homme. Ce que le chien a vu, c’est la révélation de ce caractère. Si bien que l’on est convié à apprendre à connaître les gens avec qui l’on marche. « Junior, apprends à connaître les gens avec qui tu marches ». Le coup de théâtre est possiblement le résultat de cette pérégrination lorsque le voile se déchire et découvre la malignité de celui que l’on a souvent appelé « bon grand ». Le coup de théâtre dévoile au chien que l’homme n’est pas tel qu’on le voit, tel qu’on le connaît… Il faut compter avec cette inquiétante étrangeté qui lui est substantielle.

La nouvelle de Zephirin Ango Ndong et même celle de Pulchérie Abeme Nkogue, « Terrain », convient à un arrêt sur l’art d’écrire en fonction de ce que leurs textes renvoient comme éléments d’observation. On peut parler en termes de force et faiblesse.

En guise de faiblesse : le jeux dramatique, la cohérence narrative, la gestion des dialogues, la gestion des personnages. Pour contrer ces faiblesses on est invité à respecter le principe action, réaction, dénouement. Au niveau narratif : montrer plutôt que raconter. A insister sur la question de la gestion des personnages, on dira : d’abord faire agir les personnages. Ensuite les faire réagir.

Un personnage annoncé implique un personnage montré. Le récit se développe autour d’une action qui génère un conflit que tente de résoudre les personnages. Il aboutit à la résolution ou pas de la problématique soulevée. Celle-ci est un thème que le récit déploie comme un message que l’auteur communique au lecteur. L’écriture est communication. Le personnage agit conformément à sa personnalité, à son avoir, à son être, de même qu’à son paraître. Il agit aussi conformément aux interactions vis-à-vis de son milieu. Les actions se suivent de manière logique conformément aux antécédents et aux conséquents. Par exemple, si on a annoncé dans la série causale qu’une femme était dure d’accès, il serait difficile après cela de concevoir sa générosité. Il faudra alors passer par un programme narratif qui aboutisse à sa transformation. Le récit est l’histoire de cette transformation.

En guise de force : Chez Pulchérie Abeme Nkogue, le procédé du passage des mondes par lequel le familier devient étranger (étrange). Chez Zephirin Ango Ndong : le coup de théâtre. Les deux auteurs ont en commun la duplicité du récit. Comme si cette duplicité était vraiment le thème de la vision canine.

Les auteurs sont interprétatifs plutôt que démonstratifs. Ils partent des réactions pour arriver à l’action. C’est une écriture à rebours qui fait penser à l’idée de compte à rebours. Cette idée de compte à rebours invite à penser que quelque chose se trame, quelque chose de l’ordre d’un coup de théâtre qui fera voir les gens sous un nouveau visage ou une destiné collective sous un nouveau jour surprenant et peut-être même effrayant. Car l’effroi  semble-il est le sentiment dominant du chien qui a vu quelque chose à Nzeng Ayong.

                                                                                                                       514C6y8Sn0L

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