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Témoignage et résistance

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Extraits…

Le témoignage porte les actes et le vécu. Ces actes et ce vécu sont les germes de la résistance.

Les témoignages des survivants de l’assaut du 31 août 2016 nous montrent la résistance comme le fait de tenir tête contre l’autoritarisme et comme le fait d’exprimer sa propre volonté.

Dans la réalité qu’est la résistance, il y a l’idée de supporter. Supporter dans l’optique de tenir bon jusqu’au bout.

La résistance renvoie aussi au fait de se lever, de continuer le combat, de faire tout ce qui est en son pouvoir pour transformer favorablement les choses de même que tout ce qui est de son ressort pour préserver la vie.

Cinq modalités de la résistance ressortent de l’étude du corpus de base à savoir :

  1. Prendre la direction des choses.

  2. Avoir la bouche.

  3. Mettre la pression.

  4. S’organiser.

  5. Préserver les valeurs.

 1. Prendre la direction des choses

Prendre en main la direction des choses consiste à faire par soi-même ce qui devrait être fait par l’Etat non pas dans le but de se substituer à lui mais afin de survivre. Résister intime d’agir dans un contexte défavorable. C’est comme qui dirait agir pour survivre.

2. Avoir la bouche

Résister se rapproche mêmement d’une attitude d’affront assimilable à ce que l’on peut appeler avoir la bouche. C’est la conduite du faible qui n’a que la bouche pour parler afin de tenir tête au fort. La bouche est donc une modalité de la résistance contre la dictature. Elle apparaît comme la manifestation de la volonté du peuple. L’univers de la bouche, c’est l’univers de la démocratie dans laquelle on défend ses intérêts par la bouche et non par les armes ou par la menace des armes.

3. Mettre la pression

La pression est une modalité de la résistance enregistrée dans la prison de Gros-bouquet. Elle se caractérise par une montée de la colère, par une indignation progressive. Face à la pression, les gendarmes cèdent et accèdent à la volonté du peuple.

4. S’organiser

Dans les geôles de la prison de Gros-bouquet naît une nouvelle forme d’organisation sociale basée sur le principe de solidarité. Le peuple s’organise sur la valeur du partage et donc de la redistribution des ressources. En prison émerge une communauté de vie qui fait prendre conscience que l’on est embarqué dans le même navire, dans la même vie et que l’on doit donner un sens à l’être ensemble. En prison, les prisonniers apprennent à vivre selon le modèle de société auquel ils sont conviés pour vivre la félicité. Ils sont conviés à une communauté solidaire en vue du bien commun.

 

 5. Préserver les valeurs

La solidarité demeure un mode d’organisation sous-tendu par des valeurs. Les valeurs naissent de la façon de voir les choses et de s’organiser en fonction.

En république, la somme des valeurs de droit qui régissent l’être ensemble s’appelle la constitution. Elle organise par les valeurs l’être ensemble pour le bien commun et garantit le respect de ces valeurs adoptées par tous pour tous.

L’assaut du 31 août 2016 montre une perte des valeurs ou l’adoption de valeurs qui subordonnent la volonté générale à l’intérêt singulier d’un homme dont la résonance onomastique rappelle le règne d’un système improductif, malsain pour le Gabon.

Résister c’est donc préserver les valeurs ou fonder son action sur des valeurs. Relativement au bien commun, la valeur est ce que l’on valorise, l’élément culturel, le moyen comportemental et mental que l’on adopte dans l’optique d’atteindre les fins que l’on s’assigne dans le vivre ensemble. Résister c’est donc préserver les valeurs ou en adopter.

Les valeurs principales qui ressortent et pour lesquelles le peuple résiste dans le cadre de l’assaut du 31 août 2016 et dans le cadre du témoignage qui en découle consistent en la préservation de la vie ainsi que du respect de la dignité humaine.

Face à la mort qui arrive, il faut prendre courage, limiter les dégâts et préserver la vie. On doit protéger la vie. Telle est la valeur qui fonde l’action et justifie la résistance contre l’oppression et la banalité du mal.

Résister, c’est lutter contre la dérive criminelle, contre la banalisation du mal avec son corollaire de dépravation de mœurs.

C’est pourquoi la résistance naît de la morale, d’une relation aux moeurs. Et les moeurs qui préservent la vie dictent la propension à la résistance contre un pouvoir devenu assassin, étatiquement terroriste.

Résister c’est se faire chantre de la vie.

 

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