Si les initiés gardent le silence à propos des symboles essentiels que présente le roman de Laurent Owondo, c’est que l’histoire qui est racontée est celle d’un cheminement initiatique qui part du silence comme ignorance pour aboutir au silence comme connaissance.

Au bout du silence est la relation d’un homme avec son bwiti (son génie). Le bwiti est la force occulte en relation avec la personne qui la possède ou qu’elle possède. Dans les rites gabonais il y a trois forces occultes : les ancêtres, les génies et les fétiches. A chaque force occulte est rattaché un culte. Par exemple le bwiti est la religion de la mort, le culte des ancêtres. Dans l’ensemble, au Gabon tous les cultes sont groupés en deux : les cultes de vision (le regard, l’initié voit) et les cultes de possession (l’initié élu est possédé) (Mary, 1998).

Chez les Miénès, ethnie d’appartenance de Laurent Owondo, on trouve trois cultes prédominants : l’ombwiri, l’elombo et le mbumba-yiyano. L’Ombwiri est le culte adressé à un génie extérieur qui fait intrusion dans la vie d’une personne et perturbe sa santé. Cette personne prend contact avec le génie dans l’optique d’obtenir guérison. Cette dernière s’effectue par le truchement d’une vision opérée à l’aide de la manducation de l’iboga. L’Elombo est le culte d’une légion de génies extérieurs. Quant au Mbumba-yiyano, c’est le culte du conjoint invisible, culte du génie intérieur à la personne, du génie de la naissance. ce culte ne nécessite aucune initiation, ni aucune manducation de l’iboga. C’est le culte qui est relaté dans Au bout du silence de Laurent Owondo. Le Mbumba-yiyano “désigne avant tout le fond du caractère, la nature profonde, ce qui vient à la naissance, puis, par delà, une sorte d’esprit tutélaire, inspirateur du moi et de- la conscience, qui se manifeste avec l’individu et disparaît avec lui” (Fromaget, 1986:107).

  • il dicte des interdits et demande à faire alliance avec le moi.

  • il s’exprime principalement en rêve.

  • il vit à la fois dans l’homme et dans l’eau.

  • il est essentiellement sexué, son sexe étant opposé à celui de la personne réelle.

Comment se manifeste le génie de la naissance à l’attention de son possesseur ?

-  Par des maladies.

- Sous forme d’un serpent.

- le chemin d’accès à la conscience le plus couramment utilisé est le rêve. Là, le génie se montre sous forme d’une personne de sexe opposé, d’ordinaire désirable, et dotée d’attributs enviables : beauté, intelligence, puissance, richesse… Souvent le mbumba-yiyano apparaît sous les traits d’un blanc. Il est par nature grand amateur de rapports sexuels et apparaît fréquemment dans les rêves des adolescents et adolescentes (Fromaget, 1986:108).

 

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