Le Gabon

En 2014, selon, l’ONU :

- le pays possède l’indice de développement humain le plus élevé du continent. Il dispose aussi du deuxième revenu par habitant, derrière la Guinée équatoriale.

Le paradoxe du Gabon

- Derrière ces données plutôt flatteuses se cache une réalité sociale beaucoup plus difficile pour la population gabonaise qui reste majoritairement très pauvre.

- d’un côté, des indices – le revenu par habitant et l’indice de développement humain, qui donnent du Gabon l’image d’un pays prospère ; de l’autre, une économie qui s’essouffle, des finances publiques dégradées, un retard dans le développement social et humain.

Les handicaps du Gabon

- Au Gabon, plus du quart de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté et il n’existe pas, véritablement, de classe moyenne capable de doper la consommation de masse.

- Chaque année, plus de 100 milliards de Francs CFA de denrées alimentaires sont importés.

- La croissance, qui reste faible pour un État africain, ne peut ni générer suffisamment d’emplois, ni réduire la pauvreté.

- Le faible niveau de qualification de ceux qui arrivent sur le marché du travail ou qui ont un emploi. Les entreprises ne trouvent pas le personnel dont elles ont besoin, ce qui les conduit à ne pas investir dans le pays.

D’où

 Le plan Stratégique Gabon Émergent 2025 (PSGE).

 Le Plan stratégique Gabon Émergent 2025

Le Plan Stratégique Gabon Émergent 2025 est un programme ambitieux de réformes économiques en vue d’une prospérité future. Son objectif est de moderniser l’économie gabonaise, la diversifier, et permettre à chaque Gabonais d’accéder à un niveau de vie décent. Le Plan Stratégique Gabon Émergent a pour ligne d’horizon, 2025, date à laquelle le Gabon sera devenu un pays émergé.

Les piliers du Plan Stratégique Gabon Émergent 

Un « Gabon industriel »: passage d’une économie de rente que procurent les revenus du pétrole à une économie diversifiée, performante et compétitive en bâtissant des industries pour la transformation, au Gabon, des ressources naturelles.

« Un Gabon vert » : Le développement durable par la valorisation des ressources du sol gabonais de manière à garantir la sécurité alimentaire du pays.

Un « Gabon des services » : L’économie de la connaissance par la valorisation du capital humain à travers un système éducatif performant dans le domaine de la formation initiale et celui de la formation professionnelle.

Les obstacles au développement du Gabon

- La faiblesse des ressources financières de l’État.

- Une dette trop importante.

- Les caisses de l’État sont vides.

- Un État dont les dépenses restent trop élevées.

- Une fiscalité dissuasive qui rend le territoire moins attractif pour les investisseurs étrangers.

- Des infrastructures, dont le réseau routier, inadaptées qui ne permettent pas d’exploiter pleinement les ressources du pays.

- Les lourdeurs administratives.

- Une main d’œuvre peu qualifiée.

- L’étroitesse du marché avec une population peu nombreuse.

- Les principes de bonne gouvernance qui ne sont pas pleinement appliqués.

Conclusion 

C’est donc une véritable révolution culturelle, à l’intérieur de laquelle démocratie politique et démocratie économique sont étroitement liées, que propose le Plan stratégique Gabon émergent. Conçu comme un instrument de modernisation qui contribue à réduire l’inégalité des niveaux de vie avec les pays africains émergés, mais aussi avec les pays développés, le PSGE se heurte aux difficultés que rencontrent toutes les jeunes démocraties africaines pour appliquer les principes de bonne gouvernance.

Les décisions se concentrent encore sur la tête de l’État, les institutions restent faibles, la société civile organisée ne joue pas pleinement son rôle de contre-pouvoir. Dans une Afrique qui, indéniablement, avance, la démocratie politique et la démocratie économique ont encore des progrès à faire. Aujourd’hui, les décisions des bailleurs de fonds sont largement conditionnées par l’application des principes de bonne gouvernance.

Les choix qui sont décrits par le PSGE ne doivent pas rester de simples slogans, ce qui suppose une forte croissance, un développement durable et solidaire.

La vision d’un Gabon émergent trace un cap, définit un objectif à atteindre. Il reste à passer des mots aux actes, c’est-à-dire de la «pensée magique » à l’économie réelle. Si le Gabon peut apparaître pour les investisseurs comme un chantier où tout est à faire, la population ne doit pas être oubliée, ce qui suppose le renforcement de deux secteurs sinistrés, la santé et l’éducation, et la mise en œuvre de politiques qui conduisent vers l’emploi, le logement, la sécurité alimentaire et la protection des populations vulnérables.

Le Gabon ne doit pas devenir, à travers le PSGE, un pays riche avec une population pauvre. L’idée d’une destinée collective tend à disparaître de notre paysage mental. Il appartient aux hommes politiques de réhabiliter cette idée.

Référence :

Paraphrase et copié/collé de : Christian Gambotti, « Gabon, pays émergent. Les ambitions du Plan stratégique Gabon émergent 2025 », Géoéconomie 2014/1 (n° 68), p. 159-170.

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