Avec une population estimée à 2.7 millions d’habitants en 2025, la question de l’éducation et de l’enseignement supérieur au Gabon devrait constituer un enjeu politique majeur. Cela nécessite dès à présent des réformes stratégiques inéluctables. A l’heure de la tertiarisation, de l’économie orientée vers des activités de services, des activités fondées sur la connaissance et la haute intensité de savoir, le système éducatif en général et le système d’enseignement supérieur en particulier ont à s’arrimer à l’excellence. L’enseignement supérieur au Gabon devra être global, excellent, attractif, mondialement reconnu.

 Politique en matière d’éducation

- La part des dépenses publiques consacrées à l’éducation (tous niveaux confondus) n’est pas très élevée.

Performance du système de l’enseignement supérieur

- On note une faible performance du système d’enseignement supérieur au Gabon.

- Le Gabon est absent des cinquante meilleurs établissements du classement des universités africaines. En 2016, sur 1520 universités, le Gabon occupe le 897 ème rang.

- Mais cela est propre à l’ensemble du système éducatif gabonais. Comme le fait remarquer Alain Mignot, «l’ensemble du système éducatif (du primaire au supérieur) souffre d’un mal profond. Celui-ci est, en effet, marqué par des taux d’échec humainement et socialement intolérables ».

Les problèmes :

Les problèmes structuraux de l’enseignement supérieur au Gabon sont :

- L’absence de perspective de carrière.

- La stagnation des carrières.

- L’impossibilité d’assurer un renouvellement satisfaisant des compétences de haut niveau.

- L’insuffisance de l’activité de recherche.

- Le peu de formation continue.

- L’enseignement théorique hypertrophié.

- L’enseignement pratique très insuffisant.

- Les écarts importants entre les programmes prévus par les maquettes et l’enseignement réellement effectué.

- La documentation disponible ancienne.

- Absence d’information sur le taux d’insertion professionnelle des étudiants.

- Les conflits sociaux permanents.

- Les cadres d’accueil moyens.

 - La faible capacité du ministère de l’enseignement supérieur de par sa structure, à impulser une véritable politique de l’enseignement supérieur et de la recherche ( il ne dispose d’aucun des leviers nécessaires à la définition et à la mise en œuvre de sa politique, il n’intervient pas dans la répartition des bourses des étudiants, il n’est pas un interlocuteur dans la définition de l’offre de formation, il ne dispose pas d’un système d’information lui permettant de confectionner les indicateurs qui sont indispensables à la gestion de l’enseignement supérieur, il ne maîtrise pas la répartition des moyens financiers, il n’intervient pas dans les dotations en emplois ).

Axes d’intervention prioritaires

 - Définir une politique de l’enseignement supérieur.

- Élaborer et mettre en oeuvre des projets stratégiques des universités et des instituts d’enseignement supérieur.

- Assurer, sur la base de la compétence, un déroulement normal de carrière aux enseignants – chercheurs.

- Restructurer l’offre de formation dans le cadre d’une carte de l’enseignement supérieur en Afrique centrale.

- Assurer immédiatement une meilleure satisfaction de la demande sociale.

-Prioriser l’éducation, l’enseignement et la formation sans auto-congratulation mais avec une volonté réelle et de réels résultats.

 

Car « Il n’est de richesse que d’hommes » Jean Bodin.

 

Références

Alain Mignot, 2002, Rapport sur l’enseignement supérieur au Gabon.

Gabon : Examen national 2015 de l’Éducation pour tous.

Henriette Lembet, 2017, Le Gabon absent du classement 2016 des 50 meilleurs universités d’Afrique.

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