Sur ma pirogue, je suis en pleine mer. Une tempête vient. L’eau est tourbillonnante. Ma frêle embarcation est prise dans un ressac de vagues. Je tente de ramer de toutes mes forces. Peine perdue. Cela n’a aucun effet. Me voila projeter dans l’eau. La force de l’eau est-elle que je coule.

Très vite je me ressaisi. Je réussi à remonter. Je sors ma tête de l’eau. Du regard, j’aperçois à quelques mètres de moi, ma pirogue qui flotte. Là au milieu de la mer tumultueuse, je suis perdu. Pourtant il me faut résister contre les caprices de la nature. Je peux rester là à attendre. Je sais qu’à ce rythme je coulerai. Il me faut atteindre la pirogue, m’agripper et  économiser des forces.

Je nage vers la pirogue. Je la pensais proche. J’ai l’impression qu’elle s’éloigne au fur et à mesure que j’avance. Je m’arrête afin de m’oxygéner. Les conditions demeurent de plus en plus chaotiques. Si j’attends l’amélioration de la situation pour me surmener, je crois que je serai bientôt essoufflé et englouti. Alors que j’atteigne la pirogue. Ensuite je verrai comment survivre à cette tempête et chercher comment atteindre la rive. Il parait que jusqu’à présent aucun piroguier n’est parvenu à lutter contre la tempête. Mais je sais que des hommes sont sortis de la mer. Comme je ne sais pas de quoi dépend ma survie, aussi je ne laisse passer aucun comportement qui me permettra de résister et d’atteindre victorieux la rive.

Alors j’avance vers la pirogue votivement. En utilisant les opportunités que m’offre la situation. C’est moi contre la tempête avec les moyens de la tempête. Cela s’appelle résister, contrecarrer la force de la tempête jusqu’à son accalmie. O je peux rester là à crier. A insulter la tempête. A lui dire qu’elle a tué beaucoup de naufragés. Mais je sais qu’utiliser ses lois en apparence contre moi pourra créer un mouvement contraire de vent en ma faveur. Tôt ou tard. Cela est inévitable.

Combattre la tempête avec les moyens de la tempête est-ce légitimer la tempête ? Il faut la déstabiliser et lui faire perdre son assurance. Car tout boycott de ma force lorsque mes muscles ne répondent pas aux ordres de mon cerveau, a pour conséquence l’émergence des conditions par lesquelles la tempête s’auto-amplifie et devient de plus en plus terrible contre moi. A la place du boycott qui ne fédère pas mes muscles qui demeurent dociles contre cet appel, il me faut les mobiliser pour la confrontation votive. Il me faut aller à la confrontation. C’est une affaire de stratégie. Et comme on ne change pas la stratégie qui gagne, alors que j’aille à la confrontation avec la même unité de toutes les forces de mon corps.

Je nage. Votivement vers ma pirogue. Au milieu de la mer tumultueuse. Moi le piroguier qui pagaie, tambours et chansons vers la liberté, pour l’instant nageant résistant contre la tempête.

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