Mise à jour de l’émission du 27 janvier 2009

Jean Divassa Nyama: Bonsoir. Au-delà des mots, aujourd’hui, reçoit  Brice Lévy Koumba Lamby, doctorant à  l’université Nancy 2, spécialiste des questions littéraires. Brice Bonsoir.

Brice Lévy Koumba Lamby : Oui, bonsoir.

JDN : Oui, aujourd’hui nous sommes très heureux de vous recevoir dans ces studios de la RTG1 pour parler de la réception des œuvres gabonaises. Parce que d’aucun pense que la littérature gabonaise n’est pas lue et appréciée à l’extérieur. Qu’est-ce que vous en pensez ?

BLKL : La littérature gabonaise de plus en plus devient une littérature attrayante. Progressivement, c’est vrai qu’au départ, il y a eu des réticences quant à la reconnaissance de cette fameuse littérature… progressivement il y a qu’un droit de regard a commencé par se poser avec profondeur et de plus en plus l’extérieur nous gratifie avec des commentaires, des articles et mêmes des travaux de recherche scientifique visant à la compréhension du texte littéraire gabonais. L’un des grands ambassadeurs de la réception de la littérature gabonaise à l’extérieur c’est par exemple Jacques Chevrier qui a beaucoup œuvré pour la littérature gabonaise. On lui doit notamment le fait d’avoir encouragé l’édition du texte de Laurent Owondo. D’avoir milité pour que le Gabon soit aujourd’hui l’un des pays qui a pu offrir à son lectorat deux prix littéraires d’Afrique. Notamment en 2007 avec Bessora et puis en 2008 avec le dénommé Jean Divassa Nyama pour sa trilogie et plus précisément pour la Vocation de dignité. A titre de Réception littéraire à l’extérieur, nous avons par exemple le texte d’Honorine Ngou, Femme interdite qui a été préfacé par un lecteur aussi extérieur. On connaît aussi les travaux de Papa Samba Diop sur la littérature gabonaise. Il faut dire que c’est une littérature qui devient très attrayante quelques soient effectivement les réticences qu’il y a à vouloir la reconnaître comme une littérature véritablement…

JDN : … Comme une littérature mineure…

BLKL : … Elle est mineure dans un certains sens, elle est aussi contestée dans un autre sens, mais malgré cela il y a qu’elle intéresse… Elle intéresse parce que progressivement elle propose certaines ruptures, elle propose certaines particularités, certaines compréhension du texte littéraire qui méritent d’être regardées et qui se regardent présentement lorsque nous sommes à l’extérieur.

JDN : Par quoi peut-on reconnaître la littérature gabonaise ?

BLKL : Par quoi peut-on reconnaître la littérature gabonaise ? On peut reconnaître la littérature gabonaise par les noms qui la font pour commencer. C’est-à-dire des noms à sonorité gabonaise. Lorsqu’on entend par exemple Justine Mintsa, Jean Divassa Nyama, Maurice Okoumba Nkogue, Robert Zotoumba… C’est d’abord des noms qui rappellent une certaine sphère géographique et après ce sont des termes particuliers propres à l’ancrage anthropologique gabonais. C’est tout ce qui rappelle le Gabon profond, ses rites, ses croyances et ses valeurs, ses préoccupations les plus ontologiques qui sont mises en exergue dans le texte littéraire. C’est aussi une écriture qu’on va appeler une écriture assez réaliste. C’est à ce niveau que le texte gabonais va peut-être pécher. Parce que c’est une écriture de l’imitation pour l’imitation. On reconnaît le texte gabonais dans cette difficulté ou bien dans cette espèce d’autosuffisance, ce manque d’audace scripturale qui permet de rompre et de créer la rupture et l’étonnement.

JDN : C’est peut-être là le démarrage de la littérature gabonaise. Parce que nous reconnaissons que le premier roman gabonais a été publié en 1971 avec Robert Zotoumba. Et puis est venue Angèle Rawiri…

BLKL : Effectivement. Nous avons une histoire littéraire d’au moins une cinquantaine d’années. C’est une littérature assez jeune. Elle est déjà assez vieille d’ailleurs puisqu’on a pas besoin de cinquante ans pour être grand en littérature. Comme on dit à âme bien née, la valeur n’attend point le nombre d’années. Il suffit qu’on ait les grandes plumes littéraires pour qu’en une seule année on puisse se démarquer.

JDN : Comment écrire l’Afrique aujourd’hui en parlant de la littérature gabonaise ?

BLKL : Ecrire l’Afrique aujourd’hui c’est le nom d’un article de Papa Samba Diop concernant la littérature gabonaise. Ecrire l’Afrique aujourd’hui c’est simplement relater l’Afrique telle qu’elle se vit maintenant. Ce sont des préoccupations d’ordre sociétal. Ce sont des aspirations. C’est des préoccupations qui appartiennent en propre à l’Afrique. Notamment penser l’intellectuel et l’Afrique aujourd’hui. C’est l’une des préoccupations par exemple du romancier gabonais Jean René Ovono Mendame qui pense qu’il y a une espèce de gap entre l’intellectuel gabonais, la formation de l’intellectuel gabonais et les véritables enjeux, et les véritables aspirations de l’Afrique aujourd’hui. De l’autre on note une sorte de démarcation, il y a comme une sorte d’écart entre le réel et peut-être l’irréel. L’irréel ici va être accepté comme les aspirations des uns et des autres. Le littéraire, l’écrivain, c’est toujours celui-là qui transporte la mémoire collective. D’une manière, il vit déjà dans le futur. Vivant dans le futur, s’il ne revendique pas ce futur là dans ses écrits il y a qu’il pèche. C’est la préoccupation de Jean René Ovono Mendame qui pense que le texte littéraire gabonais est un texte apolitique au sens où il ne pense pas les préoccupations de la cité. Et esquive les véritables questions qui maintiennent la sphère empirique (le pays) dans une sorte de permanence de la mêmeté.

JDN : La littérature gabonaise innove avec de nouveaux thèmes. Nous avons par exemple dans Les matinées sombres le thème de la prostitution qui revient avec Eyi Menié. Alors que pensez-vous du thème de la prostitution comme thème de révolte dans la littérature féminine contemporaine en Afrique noire ?

BLKL : Le thème de la prostitution est un thème de révolte. Il y a eu un nouvel acteur dans l’écriture gabonaise et dans l’écriture africaine qu’est l’écrivaine. L’écrivaine lorsqu’elle arrive, au départ c’est un personnage marginalisé. Quand je parle de personnage marginalisé… l’écrivaine représente toujours déjà la femme. Et dans l’histoire de nos considérations, il y a que la femme n’a pas toujours eu la place qui la maintient au rang de l’humain dans l’égalité entre l’homme et la femme. Dans sa revendication, dans son émancipation, dans sa revendication de l’égalité, il y a que la femme, l’écrivaine va utiliser un thème de révolte qui scandalise certainement, qui sera la prostitution. C’est le sujet d’Affin O. Laditan. C’est une ghanéenne (en fait un Ghanéen) qui a écrit un article intéressant sur la prostitution comme thème de révolte dans la littérature féminine contemporaine d’Afrique noire. Elle a exemplifié son argumentation à partir de certains textes d’Angèle Rawiri. Au départ c’est déplorable au sens où effectivement la prostitution va dénigrer la femme dans ce qu’elle a de valorisant. Mais de l’autre, il ne faut pas considérer la prostitution dans sa dimension axiologique. C’est-à-dire ne moraliser pas. La littérature n’a que faire de la morale. Lorsqu’on utilise un scandale en littérature, c’est toujours en terme de revendication. Et là c’est la prostitution dans l’écriture féminine. C’est effectivement une dimension de la révolte, de la contestation qui participe de l’émancipation de la femme. Ne voyez pas ça en terme de morale.

JDN : Dans Les matinées sombres de Eyi Menié, également ici le thème de la prostitution est utilisé comme une revendication et l’éducation de la jeune fille. La jeune fille ne va pas à l’école. La jeune fille ne trouve pas le boulot. Elle est obligée de se prostituer pour venir en aide à sa mère et à sa petite famille…

BLKL : Effectivement. Dans une société, qui pourtant a les moyens de donner tout ce qu’il faut à ses constituants… Dans une société où on ne peut pas donner le minimum pour que tout le monde puisse vivre de façon au moins décente, il y a que les hommes ou les femmes prennent des cheminements de dérive qui les amènent à jouir d’une certaine façon. Au départ, le regard moralisateur va dire que ce n’est pas bien… Mais en réalité c’est parfois la conséquence d’un long système. Un système qui ne prend pas en compte les aspirations de chacun, qui ne donne pas à la femme sa valeur. La femme ici n’est pas entendue en tant que femme. La femme ici n’est qu’une autre image de l’humain. Ce n’est que l’Homme avec grand H. Accepté dans l’une de ses dimensions, donc le féminin… qui est ici habité d’aspirations. Lorsque la société ne donne pas à l’humain la possibilité de réaliser le minimum de ses aspirations… C’est-à-dire ne fut ce que manger, manger pour vivre, se vêtir, aller à l’école, travailler, s’éduquer, se soigner, et ne fut ce que conserver un peu de dignité… Il y a que,  comme on a pu le voir dans un certain périodique, il y a que dans une société où on naît après la honte, on a plus honte. Et lorsqu’on agit pour asseoir une espèce de réussite dans la société tous les moyens sont bons pour y parvenir.

JDN : L’écriture d’Eric Joël Békalé commence à prendre une grande dimension dans la littérature gabonaise. Eric vient de publier Grand écart… Qu’elle est votre point de vue ?

BLKL: J’ai vu récemment sur Internet que le texte Grand écart d’Eric Joël Békalé faisait partie du premier texte d’un certain top cinq. Il y a un site qu’on appelle Gabon Cultura qui se donne pour ambition parler de la culture gabonaise dans sa totalité. Et souvent fait des hiérarchisations, des classements… Le texte de Grand écart est pour le moment, à l’heure actuel le premier texte de la littérature gabonaise. Selon effectivement le classement de Gabon Cultura. Dans le texte de Grand écart, il y a une dimension politique. On ne va pas entrer dans cette dimension politique. Ce sera peut-être le thème d’une prochaine émission. Mais il y a qu’on retrouve les thèmes principaux du texte d’Eric Joël Békalé notamment la question de l’initiation. Cette initiation est le propre de la littérature gabonaise. Toute à l’heure vous posiez la question de savoir qu’est ce qui distingue la littérature gabonaise des autres littératures… Il y a que le Gabon ou le gabonais dans sa littérature est profondément sollicité par la dimension de l’initiation. L’initiation devient ici un véritable problème ontologique…

JDN : La quête de l’être suprême…

BLKL : … La quête de soi pour commencer… La quête de soi, la réalisation de ses propres aspirations et au final la compréhension du pourquoi être sur terre. C’est vrai qu’il y a l’être suprême qui est là. Mais c’est toujours déjà comprendre pourquoi nous sommes là. Et dans Grand écart on retrouve un des thèmes que l’on rencontre dans Le cheminement de Gniamoto où avec la figure de la chasse Eric Joël Békalé tente de montrer comment nous sommes toujours déjà en quête de notre propre réalisation.

JDN : L’homme est profondément religieux.

BLKL : L’homme est profondément religieux. Donc l’initiation à une dimension religieuse. Mais l’initiation a beaucoup plus une dimension on va dire performative et une dimension… C’est à mettre en rapport avec la réussite de l’homme sur terre. Lorsque l’homme arrive il se sent bien sûr faible. Dans sa faiblesse, pour réaliser certains de ses désirs il se pose effectivement des questions… Comment me réaliser dans la vie ? Et à un moment donné on lui repond que pour se réaliser dans la vie il ne faut pas être un homme simple. Il faut être un homme peut-être habité, un homme accompagné, du moins un homme épaulé. Or le gabonais n’est pas un homme seul. Il appartient à cette vaste société qui va de la pierre jusqu’au cosmos. A se désamarrer, à se démarquer d’une certaine portion de cette société là, il y a que l’individu va évoluer faible. Donc s’il se considère comme étant un microcosme dans un macrocosme et se met en lien avec la totalité des éléments participant de sa réussite, donc allant de la pierre jusqu’au cosmos, il y a qu’effectivement l’initiation sera le moyen lui permettant de se réaliser.

JDN : Jeanne Marie Clerc a rendu hommage aux intellectuels gabonais pour le combat qu’ils mènent pour faire connaître la littérature gabonaise. Tout récemment, les exégètes que nous avons à l’université viennent de commettre un ouvrage sur la littérature gabonaise qui a été édité aux éditions clé. Que pensez-vous de ce fourmillement littéraire qui bouillonne dans le pays ?

BLKL : En parlant de Jeanne Marie Clerc, on va dire que c’est un professeur émérite à l’université Paul Valery Montpellier 3 qui a suivi une de nos compatriotes dans le cadre d’une thèse doctorale. S’étant intéressée à la littérature gabonaise notamment au texte de Jean Divassa Nyama,  elle a commis un livre qui s’appelle Le roman gabonais et la symbolique du silence et du bruit. Quant à ce que vous appelez le fourmillement ou le bruissement permettant d’asseoir une certaine critique, qu’elle soit endogène ou exogène, nous ne pouvons qu’être satisfait. Puisque la littérature c’est une totalité qui part de la théorie à la pratique. Dans la pratique vous avez l’écriture de l’écrivain lui-même et le discours second que va apporter le critique. Au-delà vous avez la théorie qui s’intéresse aux lois génératrices du texte littéraire. Quelque chose qui gênait jusqu’à présent, c’est qu’on entendait des critiques parler souvent de la littérature gabonaise sans avoir commis des ouvrages. Maintenant s’il y a des articles, des travaux scientifiques, des livres qui viennent, qui montrent, qui illustrent, qui rendent visible la littérature gabonaise non seulement pour les gabonais, mais aussi pour l’extérieur, à la communauté scientifique, nous ne pouvons qu’être effectivement, grandement plein de satisfaction.

JDN : Il faut souligner que derrière ce travail, nous voyons la mise en place du département des littératures africaines par le défunt Pierre Monsard. Il y a également les centres de recherches qui sont à l’université comme le Celig de monsieur Sima Eyi et bien d’autres centres de recherche comme l’Irsh qui abattent un travail méticuleux sur la littérature gabonaise.

BLKL : Oui. Puisque nous sommes là, j’aimerais un peu parler du Celig. Donc du centre d’étude en littérature gabonaise. En fait c’est un grand centre qui, si on lui donnait les moyens de se réaliser, serait un grand instrument de promotion de la littérature gabonaise. Le Celig devait être un centre à la dimension même du Cenarest au sens où des chercheurs seraient là de façon continue à réfléchir, à penser la littérature gabonaise de manière à déceler l’ensemble de ses lois et la rendre visible de façon à ce qu’on puisse dire : « Effectivement elle existe. On pensait qu’elle n’existait pas. Finalement elle est. Elle participe de l’existence de la littérature non seulement africaine, mais également de la littérature en général ».

JDN : Vous travaillé à Nancy 2 avec les autres étudiants gabonais pour mettre sur pied un site sur la littérature gabonaise. Il y a également Annie Nyama du côté de Bordeaux qui a aussi un site sur la littérature gabonaise. Nous allons également louer le travail qu’accomplit le frère Hubert Nguérinot qui ne cesse d’actualiser le site de la Fondation Raponda Walker et du lycée Raponda Walker. Alors comment travaillé-vous pour vous investir sur le net tout en préparant votre doctorat ?

BLKL : Il est compliqué de suivre plusieurs lièvres à la fois. Mais lorsque la passion y est, tout est poursuivable. Sur le net, il y a que la critique littéraire gabonaise se sert du nouveau support qu’offre les nouvelles technologies de la communication pour permettre à la littérature gabonaise  d’être visible de part et d’autre dans le monde. Je me rappelle lorsque je suis arrivé à Nancy, j’ai discuté avec Marie France Rouart, Dieu ait son âme, qui suivait nos compatriotes. Le plus souvent la plupart travaillaient sur la littérature gabonaise notamment sur un certain texte de Georges Bouchard, Le jeune officier. Elle déplorait le fait que la littérature gabonaise manquait de visibilité. On allait sur le net, on mettait littérature gabonaise, on n’avait d’information consistante. On demeurait sur notre faim. Nous avons pensé qu’il serait intéressant de mettre à la disposition de la communauté scientifique internationale un outil de travail facilitant la recherche. C’est comme ça qu’est né Critica qui est un blog de critique et théorie littéraires de manière générale mais qui participe aussi du débat sur la littérature gabonaise. On peut aussi encourager de l’autre côté Annie Nyama. Elle a son site. Elle participe de ce qu’on va appeler un combat qui est celui-là de dire qu’effectivement la littérature gabonaise n’est pas inexistante. Qu’elle existe. Qu’on le veuille ou non elle est là. Elle évolue. Elle avance. Et elle participe du débat ou bien de la réalisation générale de la littérature africaine pour ne pas dire de la littérature tout court. On peut encore signaler le Crelaf. Ce sont des étudiants du département des littératures africaines de l’université Omar Bongo qui s’évertuent à mettre sur la toile des informations concernant la littérature gabonaise. Tout à l’heure j’ai parlé de Gabon cultura qui a dans ses catégories quelque chose qui rend compte de ce langage, ce langage esthétique qui parle du Gabon et qui parle effectivement de l’existence tout court et des aspirations.

JDN : Cette émission touche à sa fin, est-ce que vous avez un mot de fin à l’endroit de nos auditeurs ?

BLKL : Un mot de fin à dire ce serait d’indiquer qu’il est nécessaire que nous participions à la promotion de la littérature gabonaise. La plupart des écrivains sont en fait des bêtes à tout faire. C’est-à-dire qu’ils sont non seulement à la plume, ils sont à l’édition, ils sont à la publication, ils sont à la distribution, ils sont à la diffusion et à la promotion. Il faudrait effectivement qu’on accepte qu’il y ai un partage des tâches. L’écrivain il a sa fonction, celle d’écrire. Tant mieux puisqu’il écrit et écrivant il est toujours déjà un ambassadeur de la république. De l’autre ceux qui sont pour éditer éditent. Ceux qui sont pour promouvoir, font la promotion. Ceux qui sont pour faire la recherche et la compréhension sémantique, ceux qui sont là pour quêter le sens de la littérature gabonaise quêtent ce sens là. Donc j’invite à la lecture. J’invite aussi à l’achat des livres. Il ne suffit pas de dire que la littérature gabonaise n’existe pas. Elle est. Elle a simplement besoin que d’être encourager comme toutes les formes d’entreprises que nous avons ici dans notre pays c’est-à-dire en république gabonaise.

JDN : À la technique nous avions Solange Inono, à la réalisation Tchico Alvarez et au micro Jean Divassa Nyama.

 

 

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